Triton
de Knut LARSSON
Triton de Knut LARSSON

Triton de Knut LARSSON

Ce livre comprend 4 récits complets. Auteur phare de la scène alternative suédoise, Knut Larsson insuffle la plupart du temps une ambiance chimérique à ses dessins. Le familier et le surnaturel s’y assemblent au fil de récits qu’on pourrait qualifier de rêves couchés sur le papier. Une bande dessinée de Larsson se lit aussi sans satisfaction immédiate à la clé. Au contraire, il s’agit souvent de revenir en arrière pour former sa propose interprétation, car l’auteur ne nous sert aucun réponse sur un plateau.

Extrait de la Préface de Fredrik Stromberg
Traduit du suédois par Ophélie Alègre
2013. Cartonné, 55 pages noir et blanc
Collection PLG. Éditions PLG. ISBN : 978-2-917837-13-9
Diffusion France / Belgique : Makassar +33 (1) 40 33 69 69

15 € – Disponible

Triton de Knut LARSSON

Knut Larsson, le roi des rêves suédois.

La plupart des lecteurs français vont découvrir les bandes dessinées de Knut Larsson avec ce volume. C’est étrange, car il est un des dessinateurs suédois les plus artistiquement intéressants de sa génération, et à mes yeux, son style et son approche de la narration ne manqueront pas de plaire aux lecteurs de bandes dessinées contemporaines de ce pays. Qui sait, nous autres Suédois avons peut-être fait de son oeuvre un secret bien gardé…

Les premiers dessins de Larsson sont apparus en 1996 dans Galago, célèbre anthologie alternative publiée en Suède depuis 1979 (ce qui en fait un des plus anciens magazines de bandes dessinées au monde, sinon le plus vieux). Larsson n’était alors âgé que de vingt-quatre ans, mais son trait portait déjà la marque d’une maturité distincte. Bien que courtes, ses bandes dessinées ont immédiatement confirmé le caractère unique de son expression.

Depuis lors, Larsson a régulièrement contribué à Galago, à la fois avec des nouvelles et en créant quelques unes des plus belles couvertures de la revue. Il a fait de même pour le compte du magazine suédois anglophone C’est Bon Anthology. Paru en 2003, Lokmannen (Le Cheminot), rassemble plusieurs de ces brefs récits.

En 2001, Larsson a publié son premier ouvrage, Canimus – un roman graphique presque entièrement muet, composé d’une ou deux cases par page. Dessiné au trait et ombres de gris, cet album présente les meilleures qualités surréalistes et absurdistes de l’auteur : dans un univers parallèle moins lointain qu’il pourrait le paraître, l’âme humaine prend la forme d’un chien, et le personnage principal est contraint de vendre le sien pour subvenir à ses besoins. Ce n’est que le début de ses problèmes…

Après Canimus, Larsson a crée deux livres très différents, plus largement inspirés des ouvrages illustrés du 19e siècle que de la bande dessinée : Biografmaskinisten (Le Projectionniste) en 2004, et Kolonialsjukhuset (L’Hôpital colonial) en 2006. Ce dernier, inclus dans le présent volume, suit le parcours d’un chirurgien qui perd peu à peu la raison lors d’un séjour sous les tropiques.

En 2008, Larsson est revenu sur le devant de la scène avec un impressionnant roman graphique, Krokodilstaden (La Ville des crocodiles). Une fois de plus, il nous y offre une réalité alternative, presque post-apocalyptique : dans une ville semi-immergée infestée de crocodiles, un chasseur capture une créature mi-femme mi-reptile et se fait lui-même happer par un culte mystérieux. Comme dans la plupart des récits de Larsson, les thèmes sous-jacents de l’amour non partagé, de l’obsession et de la mort font surface. Krokodilstaden étant un récit entièrement muet, il peut être apprécié tel quel au-delà des frontières de la Suède.

Sur le plan visuel, les bandes dessinées de Larsson sont immédiatement reconnaissables grâce à leurs personnages emblématiques aux yeux globuleux et souvent mi-clos. Favorisant une esthétique daltonienne, Larsson utilise presque toujours un trait noir et des dégradés monochromes dans les tons de gris ou marron pour apporter texture et profondeur à ses compositions.

Au niveau de la narration, Larsson insuffle la plupart du temps une ambiance chimérique à ses dessins. Le familier et le surnaturel s’y assemblent au fil de récits qu’on pourrait qualifier de rêves couchés sur le papier. Une bande dessinée de Larsson se lit ainsi sans satisfaction immédiate à la clef. Au contraire, il s’agit souvent de revenir en arrière pour former sa propre interprétation, car l’auteur ne nous sert aucune réponse sur un plateau.

Étonnamment, seules quelques rares nouvelles de Knut Larsson ont été publiées en France à ce jour, dans des anthologies telles que Turkey Comix (vol. 16, 2008) et Rayon Frais (Les Requins Marteaux, 2012). Appréciez donc cette nouvelle opportunité, vous allez vous régaler.

Extrait de la Préface de Fredrik Stromberg, traduit du suédois par Ophélie Alègre